Du plaisir de l’excés

« J’adore les glaces : crèmes glacées saturées de lait, de gras, de parfums artificiels, de morceaux de fruits, de grains de café, de rhum, gelati italiens à la solidité de velours et aux escaliers de vanille, de fraise ou de chocolat, coupes glacées croulant sous la chantilly, la pêche, les amandes et les coulis de toutes sortes, simples bâtonnets au nappage craquant, fin et tenace à la fois, qu’on déguste dans la rue, entre deux rendez-vous, ou le soir, en été, devant la télévision, quand il est clair désormais que c’est seulement ainsi que l’on aura un peu moins chaud, un peu moins soif … » (Extrait de Gourmandise par Muriel Barbery)

La glace de quand-j’étais-petite n’était pas bonne. Les deux boules au chocolat, sans chantilly, des restaurants de campagne sont toujours décevantes. (Ma sœur, intelligement, se repliait sur la vanille, une valeur sûre).
Plus tard, j’ai adoré les glaces – mais pas toutes.

Je n’aime pas

Les glaces équilibrées, tout en nuance et en délicatesse, pas trop sucrée et pas trop grasse. Le sorbet au chocolat de la Maison du chocolat est une merveille. Une merveille qui ne comble pas mon envie de glace. Une pulsion de temps de canicule, comme d’autres ont des pulsions de temps de grossesse.

La glace est un plaisir du moment – évidemment. Impossible de la grignoter : elle se dévore. Elle doit être trop. Juste un peu. Trop de sucre, trop de crème, trop grosse aussi : ce léger excès rend amoureux façon passion dévorante.

lindt

Les glaces proposées dans la boutique Lindt près de l’Opéra (Crédit photos : Studio Pixels & Papillon)

J’aime

Les cornets du marchand aux 4 267 choix (au bas mot), spécialisé dans les touristes estivaux. Il confectionne ses cornets sur place et propose la meilleure saveur « pâte à tartiner » que je connaisse.
Les bâtonnets entourés de beaucoup de chocolat et autant de noisettes, que mes grands-parents m’offraient sous l’ombre de la vigne.
Les pots pleins de choses mauvaises pour la santé pour lesquels je fais des allers-retours entre le congélateur et mon bureau. (En été, je travaille tant avec un ordinateur qu’avec une petite cuillère).
Sans oublier les cornets de
gelati dégustés au fil des rues de Florence et de Sienne, qui n’étaient plus des péchés grâce au plaisir partagé de deux amies.

J’ai aimé ce cône-dans-la-rue arraché au magasin Lindt, près de l’Opéra.
Une glace de ville bruyante et agitée, dont le stress devient amusant grâce à ce
trop que j’évoquais. Les goûts de chocolat (blanc et aux lait avec des noisettes) étaient pleins de ce qu’ils devaient, de ce qu’on cherche dans la tablette croquée devant la télé.

74846_CARAMEL_C7_2014

Le pot peu glamour qui prouve que l’habit ne fait pas le moins, et que l’emballage ne fait pas la glace.

J’ai aimé ce pot-devant-une-série-sanglante commandé à Toupargel (les restos étoilés ne sont pas – encore – mon quotidien).
Attaqué – et fini – à la cuillère à soupe, la glace au caramel au beurre salé a un effet rassurant face aux pires horreurs. Y sont inclus des morceaux de caramel explosant sous la dent et une sauce qui rajoute – pêché – un crémeux supplémentaire à chaque bouchée-gorgée en train de fondre.

Boutique Lindt
11 bis rue Scribe
75009 Paris
D
u lundi au samedi de 9 h 30 à 20 h 00 – le jeudi jusqu’à 21 h 00
5,50 € les deux boules

Toupargel
4, 90 € le pot de 500 ml « Petite folie n°20 : Pot caramel au beurre salé avec sauce et éclats de caramel »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s