Brasseur – Créateur

Gallia, brasserie parisienne, ne dispose que de petits locaux à Pantin. Y pétillent plus que des bières. Récit d’un après-midi pluvieux-heureux.

« Ce n’est qu’un entrepôt », avait annoncé Jacques Ferté. Le co-refondateur de Gallia était gêné. Il n’aime pas expliquer que la « bière de Paris » est brassée à Sens et Douai. Nombre de petites brasseries sont ainsi obligées – faute d’investisseurs – de déléguer. « En 2015, nous espérons avoir nos propres locaux, à Paris intra-muros », précise l’entrepreneur.

2015 étant loin, nous devions prendre des photos d’un entrepôt afin d’illustrer un projet (scolaire) sur la renaissance de cette marque. Nous avons remonté l’avenue Édouard Vaillant, à Pantin, le cœur ouvert à l’inconnu, avec l’envie de dire bonjour à n’importe qui. Pleines d’enthousiasme, donc. (Ironie, précisons.)

"Un entrepôt" : Vraiment ?

« Un entrepôt » : Vraiment ?

Sur place, la chose promise se dresse devant nous : un entrepôt. Une camionnette arborant le logo de la marque est garée. Nous mitraillons. Rien dans cet entrepôt ne doit être plus digne d’intérêt.

À l’intérieur, Simon attend. Il est étonné de nous voir débarquer. Nous sommes étonnées de le trouver. Simon Hicher, 26 ans, est le brasseur de Gallia. Depuis cinq mois, il créé – des bières et un peu plus.

Ce qui est important

Il a amené avec lui les appareils qu’il a bricolé durant sa formation. « Je brassais dans ma petite chambre d’étudiant ! », s’amuse-t-il. Il s’en est servi pour dépoussiérer l’ancienne recette de bière blanche. Et quatre nouvelles (dont cette IPA) sont nées.

Le brasseur s’active dans son laboratoire : « Là je vais élever mes propres levures ».

simon   bricolage

Simon, sa brasserie bricolée et ses bières

Il nous explique, nous fait goûter, sentir, deviner. Il cherche « ce qu’il y a encore à voir ». Nous mâchons du blé, du malt, des grains torréfiés qui confèrent un goût de chocolat à la bière.

Sur la table de l’espace-réunion, trône le « costume du stagiaire ». Un poulet blanc qui sert lors des évènements Gallia. Je souris. Selon moi, Gallia fait de bonnes bières, et surtout un bon marketing.

Le "costume du stagiaire"

Le « costume du stagiaire »

Du frigo de l’espace cuisine, Simon extraie de quoi nous faire passer un test d’odeurs. Score nul : 0/5 pour les étudiantes. « Moi aussi, au début, je ratais ! » : Carole Guilbaud, responsable de la communication, essaie de nous réconforter. Simon est fier : « Aujourd’hui elle les reconnaît tous. »

Je ne comprends plus. Simon a a pris du temps à « apprendre » la bière à Carole. Pourtant, la jeune femme ne s’occupe que du côté commercial. Lui ne comprend pas mon incompréhension :  « C’est important qu’elle sache. on travaille tous dans la bière. »

J’aime ces gens qui aiment. Ils inventent, s’associent et créent quelque chose. Une chose qui est mea culpa – plus qu’un objet marketé.

Publicités

Une réflexion sur “Brasseur – Créateur

  1. Pingback: Progrès et Saucisses | Stylo & fourchette: chroniques gourmandes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s