Petite feuille est devenue grande

Café et cocktails : les boissons d’adultes sont traduites dans les dernières créations de la Maison du Chocolat. Elles sont réussies, toutes. Elles procurent le plaisir promis, rien de moins, mais rien de plus. Sauf le macaron, un petit rond à la puissance insoupçonnée.

Les adultes boivent des choses étranges. Ils aiment les vins blancs aux saveurs de roche, les vins rouges qui râpent le palais. Ils se versent des boissons amères dans des dés à coudre. Certains mélangent des liquides aux teintes suspectes sous des petites ombrelles.
Tous ces verres, toutes ses tasses, sont des symboles. Comme tous les enfants, j’ai voulu « devenir grande » et en avoir les caractéristiques. Je me suis forcée à apprendre certains goûts : le café, le vin, les alcools… et les infusions.
Rares sont les enfants qui aiment ces « eaux parfumées ». Elles n’ont rien de gourmand. Elles n’ont pas de texture et – de prime abord – aucune complexité de saveur.

La verveine, des sachets aux feuilles

Tous les soirs de mon enfance j’ai senti l’odeur de la verveine. J’ai vu les tasses fumantes et le plaisir manifesté par ceux qui les sirotaient. Je ne comprenais pas mais je regardais avec envie.
« Tu en veux une ? »
Je voulais être adulte, j’ai dit oui. La légère brûlure de la tasse dans les mains était agréable. La fumée parfumée emplissait et réchauffait les poumons. Soir après soir, le goût devenait familier, devenait agréable.

« Verveine » : un nom ronflant pour deux grammes de miettes enfermés dans un sachet.
Un nom mérité par les feuilles odorantes et friables ramenées d’un voyage dans le Sud.
Cette plante est donc à la fois un souvenir de mon moi-enfant et de mes vacances ensoleillées. Elle est aussi le symbole de mon apprentissage des goûts et des bons goûts. Un apprentissage permis par des errances parisiennes hasardeuses et des chocolats de luxe croqués avec timidité. Je n’ai pas délaissé mes tablettes 100% industrielles. J’y suis accro. Mais je suis tout autant adepte de certaines belles adresses, telle La Maison du Chocolat.

cocktail-La-Maison-du-Chocolat-ete-2014

(Visuel de La Maison du Chocolat – mes photos étant fort laides)

D’abord, le croquant de la coque, puis le fondant de la ganache. Ce macaron est un macaron, et un macaron réussi. Le chocolat annoncé est présent, allié sans fausse note à la framboise. La maison du chocolat est toujours dans l’équilibre. Les accords sont millimétrés, « parfaits », et parfois froid dans cette perfection.

Là, après la framboise, après le chocolat, le basilic, attaque et amuse un instant. Et la verveine sort, s’amplifie, rafraichit tout l’intérieur de mon palais et réchauffe tout mon corps. J’ai mis du temps à comprendre tous les liens mémoriels à l’origine de ces émotions. Tous ceux qui gouteront cette pâtisserie n’ont pas ces souvenirs. Ils ne ressentiront peut être pas le même bien-être. Le mien a été intense.

Macaron à la ganache cocktail de La Maison du Chocolat
Ganache au chocolat noir, à la framboise, au basilic et à la verveine.
1,85 €, à partir du 2 mai

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s