L’impossible dissection

Je suis difficile. « Être difficile » ne signifie pas « ne pas avoir de plaisir ». Le plaisir peut arriver sur une recette non aboutie ou un produit 200 % industriel. Mais être comblée, voilà qui est ardu… Les cas où je ne pinaille pas sont donc à souligner. Comme ce fut le cas pour les pâtisseries de Colorova.

Chanceux ceux qui mangent sans se poser de questions. Cela n’a jamais été mon cas. Je fais partie de la secte des cartographieurs de pizzas et autres disséqueurs de bouchées chocolatées. Je trace mon chemin dans les assiettes en composant chaque fourchetée avec soin. Toutes les possibilités d’association sont testées. Voilà le problème de ceux qui prennent leur pied avec la nourriture : ils en deviennent – à peine – psychotiques dans la recherche du plaisir. Difficile alors d’accepter que la composition soit correcte dés le départ.

Les créations de la pâtisserie Colorova. Au premier plan, paul Sésame, puis un gâteau chocolat-cacahuètes ...

Les créations de la pâtisserie Colorova.
Au premier plan, Paul Sésame, puis un gâteau chocolat-cacahuètes …

Donc chapeau bas à Guillaume Gil, de la pâtisserie Colorova, qui m’a cloué le bec. Ses créations sont plus que « correctes ». « Équilibré » est le terme : rien d’excessif, de superflu ou de surabondant.

Le secret du bonheur… (référence Disney nécessaire)

Citrus est sur la table. Je le dissèque et j’échoue.

Citrus

Citrus

Mon art est terrassé par celui du maître des lieux. Je me prends deux uppercuts, infimes et importants. Boum : un glaçage, fort de caramel, vient cogner une mousse caramel/chocolat au lait bien légère. Re-boum : un puissant confit de citron se tapit au centre. Cet acide est ce qui manquait. A ce moment je suis pleine de ce que j’attendais et attends à chaque fois  que je mange un gâteau. Je suis contente.

Saint-Honoré à la mangue.

Saint-Honoré à la mangue.

 Le Saint-Honoré est à la mangue. Je n’aime pas la mangue. J’ai adoré. Le sablé friable, au sucre discret, n’était pas lourd (mais bien beurré, ne plaisantons pas avec les sablés). La crème mangue-vanille, crémeuse, est ronde et épaisse comme une ganache au chocolat blanc. Et les choux (re-re-boum) renferment un confit mangue-combawa.

Paul Sésame était là également, qui ferait manger du sésame à beaucoup de réfractaires, ainsi qu’un chocolat chaud étonnamment bon (« étonnamment » car j’ai souvent été déçue). Il était si goûtu que, liquide, il semblait épais.

(Question annexe : d’autres personnes ont-elles une envie irrépressible de chanter du Disney en entendant le nom de cette pâtisserie?)

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Une réflexion sur “L’impossible dissection

  1. Ohlàlàà comme je me reconnais dans la « bouchée parfaite » et la nécessité de tester toutes les associations possibles ! Et je ne peux qu’approuver ton avis sur le salon de thé Colorova. Je ne pense pas avoir goûté le meilleur de leurs pâtisseries (j’y retournerai, le Saint-Honoré à la mangue m’appelle !), mais j’ai écrit un article sur leur chocolat chaud à la fève tonka et caramel qui m’a véritablement chamboulé les papilles gustatives… !

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