« Une histoire bio » : histoire de l’hiver au lycée, histoire de l’été en enfance

« Sans-gluten » affirme l’étiquette. Certains passent leur chemin. Ils manquent d’étranges délices, des gâteaux qui se font portails temporels. Leurs fabricants savent qu’ôter un élément ne représente, ne transforme et ne sublime rien. L’important est de remplacer, avec intelligence.

Le gâteau est éventré. Les doigts de passants gourmands ont fouillé ses entrailles. Ils ont mis à jour des teintes variant du châtain mat, signe de moelleux, au luisant noir, promesse de fondant diabolique. Ces indices épèlent « Brownie » et, plus basiquement, « Mangez-moi ».
J’en presse une bouchée contre mes lèvres, contre mes dents, contre mon palais. Un brownie doit produire des effets bien précis. Il est la pâtisserie des adolescences égocentriques qui prennent tout au tragique. Gâteau fédérateur, il est dégusté en hiver, sous la pluie, entre amis et hors de toute culpabilité.

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Brownie au chocolat, au beurre, aux noisettes… et au sarrasin (Crédits photo: Une histoire bio)

Problème: le visage des anciens amis est brouillé. La douceur amère des années-lycées-irraisonnées se teinte d’enfance. J’entrevois une crêperie de bord de mer. J’y ai partagé mes soirées d’été entre ma famille, une galette jambon-beurre et une crêpe sur-chocolatée.

L’écueil – évité

La marque de chocolat bretonne « Une histoire bio » est éthiquement inattaquable. Elle fait assaut de bons sentiments, en favorisant l’utilisation de produits locaux, bio et issus du commerce équitable. Cerises sur les gâteaux, elle s’est lancée dans la pâtisserie « sans gluten ».
Elle n’est pas la seule: la mention « sans gluten » se multiplie dans les rayonnages, pour le plaisir des intolérants. Bien-bien-bien, tout va bien au royaume du pain des fleurs. Sauf que l’alimentation sans-gluten, hâtivement rebaptisé « noglu » (bien plus vendeur), est devenue une mode. Et certains n’hésitent pas à absorber des biscottes-polystyrène au nom d’un principe diététique discutable.

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La « petite » (100g pièce) chose réconfortante (Crédits photo: Une histoire bio)

Nos bretons ont eu une idée. Ils ont tiré partie de leur terroir et ont osé le sarrasin. D’où l’arôme de torréfié, de noisette, de galette, présent dans leurs pâtisseries. Certains aimeront, d’autres moins. Pour ma part leurs brownies, bouchons coco et cookies (biscuits secrets de mes années de fac solitaire) ont le même parfum d’enfance-confort. J’aime.

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