Les Anglais mangent du cheval et les poissons mangent du porc

La présence de cheval dans des plats préparés « pur bœuf » émeut les consommateurs européens depuis une semaine. Les pouvoirs publics ont donc décidé, scandale oblige, de prendre des mesures. Enquêtes et contrôles se multiplient. Et la Commission européenne (CE) autorise l’utilisation de farines animales pour nourrir les poissons.

Source: Reuters

Source: Reuters

Les protéines animales transformées (PAT) sont fabriquées à partir des carcasses d’animaux d’élevage. Elles furent utilisées pour nourrir le bétail jusqu’à la crise de la vache folle, en 1997. Elles furent alors interdites d’usage dans l’alimentation des ruminants puis en 2001 pour tout le bétail. Un produit économiquement avantageux que les les élevages piscicoles retrouveront le 1er juin 2013. Et Bruxelles envisage l’élargir cette utilisation aux élevages de porcs et de volailles.

un employé de la Sogéma tamise, le 22 avril 2002 à Strasbourg, des farines animales sur un tapis roulant en vue de leur chargement dans des camions citernes étanches. Le 22 février 2002, le tribunal administratif de Strasbourg, invoquant "le principe de précaution", a annulé les arrêtés préfectoraux instituant le site du port fluvial de Strasbourg comme lieu de stockage de 3.700 tonnes de farines animales. AFP PHOTO THOMAS WIRTH

Un employé de la Sogéma tamise des farines animales (2002) AFP / Thomas Wirth

La CE souligne que le risque sanitaire est « minime »; « pour autant qu’il n’y a pas de recyclage entre les espèces » c’est-à-dire de cannibalisme. Pourtant les critiques qu’émettaient Olivier Andrault, chargé de mission alimentaire à l’UFC-Que Choisir en 2011 sont toujours valables. Il soulignait qu’aucune usine n’est dédiée à la fabrication d’aliments spécifiques à une seule espèce. Il ajoutait que « rien ne permet d’assurer que les éleveurs suivront le protocole, que des porcs ne mangeront pas des farines de porcs, même involontairement. La traçabilité ne nous paraît pas suffisante. »

Guillaume Carot; ministre délégué àl'agroalimentaire

Guillaume Garot; ministre délégué à l’agroalimentaire

Alors que l’affaire des lasagnes au cheval met en lumière des filières agroalimentaires peu fiables; la décision de Bruxelles risque de choquer les citoyens européens. Selon Guillaume Carot, ministre délégué à l’agroalimentaire, cette décision « tombe mal ». Il précise que « La France s’était prononcée contre cette disposition européenne ». Pourtant, il ne remet pas en cause la possibilité d’user des PAT en France. Il se contente d’évoquer une mise « en œuvre au plan français avec un véritable esprit de responsabilité de nos industriels ».

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