La pâtisserie bien nommée

La Pâtisserie des Rêves fut pour la provinciale que j’étais un incessant objet de lointaine admiration. Dés son ouverture, les articles admiratifs se multipliaient au sujet de la pâtisserie de Philippe Conticini et Angelo Musa. Le Paris-Brest, avec son cœur coulant de praliné pur, y était élevé au rang d’objet d’art. Une visite vérificative s’est imposée dés mon arrivée sur Paris.

En 2009, les deux hommes ont ouvert une deuxième adresse dans le XVIème et ont eu la bonne idée d’y joindre un salon de thé. L’entrée en est presque invisible.

Dans l’entrée de la pâtisserie, des cloches de verres protègent les pâtisseries. Philippe Conticini a revisité des classiques français. Il les a rénové pour plus de gourmandise tout en conservant l’émotion qui s’y rattache. Au fond une petite salle, lumineuse et simplement meublée, accueille une quinzaine de couverts.

Que mange-t-on?

Le goûter composé d’une boisson et d’une pâtisserie vous coutera une quinzaine d’euros.

La courte sélection de thés est d’excellente qualité mais l’originalité de la carte « liquide » se trouve dans les infusions, froides ou chaudes, et le chocolat. Un délice amer juste comme il faut et fort en chocolat. Il est accompagné d’une sucette au praliné. Elle se déguste semi-fondante après un bain dans la boisson.

Du côté des pâtisseries nous avons testé les grands classiques.

L’éclair au chocolat dont le glaçage a été remplacé par une fine feuille de chocolat. Toutefois la saturation guette vers les dernières bouchées. Nous avons loué le parfait des textures du Saint-Honoré (particulièrement pour le caramel des choux).

Et un Paris-Brest d’anthologie. L’habituelle crème pralinée au beurre est remplacée par une crème lactée plus légère. En contrepoint, le pâtissier a inséré ses célèbres billes de praliné coulantes.

Photos: Auriane Velten

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Revue de web : France et nourriture restent inséparables

La France, patrie de la baguette

The Economist titre « une bombe à retardement au cœur de l’Europe ». L’hebdomadaire britannique se livre à une attaque en règle de la France qui « pourrait devenir le plus grand danger pour la monnaie unique européenne.

Sept baguettes rassemblées en forme de bâton de dynamites illustrent ce dossier spécial. Arnaud Montebourg n’a pas tardé à réagir. Le Ministre du Redressement productif célèbre pour sa défense du « Made in France » pourrait s’être senti piqué à vif par ce dénigrement de la boulangerie française.

« Nutella c’est délicieux »

Le groupe Ferrero se sent attaqué par l’amendement français sur l’huile de palme. Un « amendement Nutella » adopté hier par le Sénat et qui propose d’augmenter de 300% la taxation de l’huile de palme.

Crédit photo: Huffington Post

La marque contre-attaque aujourd’hui dans plusieurs grands quotidiens. Sur une double page titrée « Nutella, c’est délicieux mais pourquoi y a-t-il de l’huile de palme? » Ferrero défend l’utilisation de l’huile de palme dans la célèbre pâte à tartiner.

A l’heure du rassemblement français: le fondant au chocolat

Selon une étude TNS-Soffres sur les desserts préférés des français, le fondant au chocolat est plébiscité par 24% d’entre eux. Le palmarès établi par cette étude réalisée sur un échantillon national de 1000 place en deuxième position la mousse au chocolat puis les crêpes, l’île flottante et la tarte aux pommes.

Une étude qui met à jour d’intéressantes divergences selon l’âge et le lieu d’habitation des personnes interrogées.

Le 5ème Péché

Les villes de la côte vermeille regorgent de restaurant moules-pizza-crèpes et les attrape-touristes y sont nombreux. A Collioure (Pyrénées-Orientales) certains restaurateurs font de la résistance.

Avec « Le 5ème péché », Masashi Iijima est l’un d’eux.

Ce jeune cuisinier japonais est passé par de grandes cuisines japonaises mais aussi par celles de Michel Bras et des frères Pourcel. En 2006 il décide de privilégier la proximité avec des produits maritimes d’exception. Il s’installe alors à Collioure pour y réinventer les saveurs méditerranéennes. Sa cuisine vaut le coup de papilles.

Un grand moment de plaisir sans prise de tête, pour un prix modeste. Les menus du soir coûtent 34€ et 55€ et celui du midi coûte 24€ (entrée-plat ou plat-dessert à 18€).

Entrée du restaurant

Le restaurant ne compte qu’une quinzaine de couverts et la réservation, surtout en saison touristique, est impérative. A l’intérieur, la décoration sobre est d’inspiration japonaise. Rien de pesant ou de froid. Une décoration murale (kakemono) côtoie la photo de deux jeunes tokyoïtes.

Le service est assurée par une jeune femme franche et rieuse. L’atmosphère de tranquillité incite à prendre son temps et à aborder le repas en toute liberté.

Pain et boisson

La carte de vins, courte, fait la part belle aux vins « nature » de producteurs de la région. Chaque référence est accompagnée de détails sur la production. Citons par exemple le Qué Pasa? Blanc, cuvée 2010, du domaine Léonine mené par Stéphane Morin. La dégustation de ce vin à la robe trouble donne envie de faire un tour chez le vigneron pour ramener quelques caisses.

Le pain est servi chaud et s’accorde avec les plats (par exemple du pain au pavot avec les filets de maquereau).

Derniers détail, mais non des moindres: café et thé sont à la hauteur. Mon thé n’était pas un sachet L****n mais un thé vert japonais au riz grillé (genmaicha).

Deux visites; deux menus de midi:

  • 1ère visite (2011)

Entrée: Filets de maquereaux et vinaigrette à l’alcool de riz

Le goût des maquereaux est marqué, à peine adouci par la vinaigrette de riz. Le poisson, les tomates et les spaghettis (invisibles sur la photo) rendent le plat très soyeux. Ls oignons et la salade apportent la juste mesure de craquant et de rêche.

Plat: Filet d’espadon mi-cuit et légumes de saison

Une cuillère à soupe est apportée avec l’assiette. La serveuse expliquera aux curieux que nombre de clients l’ont réclamé pour finir la sauce. Dans ce plat, deux sauces s’entremêlent: une première crémeuse et une seconde aux flaveurs de caramel et de sauce soja.

Dessert: Quenelle de chocolat; glace vanille et coulis de fruit de la passion

Le dessert est un sans-faute. La ganache -exercice difficile- est forte en chocolat mais aussi douce, sans être écœurante. La glace offre un contrepoint moelleux à la densité de la ganache. Le fruité  du coulis est juste présent et ne vient pas couvrir les autres saveurs.

  • 2ème visite (2012)

Entrée: Maquereau mariné (cru), roquette, pêche et betterave

L’alliance est surprenante sur le papier mais claire en bouche. Le poisson est une merveille de fondant. La pêche et la tomates offrent leur sucré, la roquette son amertume et la betterave un côté terreux qui contrebalance l’iode du poisson.

Plat: Pavé de bonite et spaghetti

Le poisson est juste saisi, sans artifice. Il le mérite et le permet. Les saveurs des pâtes et des légumes sont fraiches et juste relevées par une sauce légère (presque un jus) au sésame (selon mes souvenirs)

Le dessert cette fois était une soupe de melon avec de la glace à la vanille (n’aimant pas le melon, je me suis abstenue)


Le 5ème péché
18, rue de la Fraternité
66910 Collioure
04.68.98.9.76
 

(Ancien article ici)

Photos: Auriane Velten